fbpx
  /  Sante et Bien-etre   /  Que nous dit notre corps la nuit ?

Que nous dit notre corps la nuit ?

Les troubles du sommeil, lorsqu’ils s’installent, nous indiquent aussi l’existence d’un conflit psychique qu’il peut être bénéfique de conscientiser. Tendons l’oreille pour à nouveau dormir… sur nos deux oreilles.

Par Odile Chabrillac*

 

Comme vous le savez probablement, la naturopathie est une thérapie holistique, c’est-à-dire que nous sommes appelés à prendre en compte la personne dans sa globalité afin de pouvoir l’accompagner dans son chemin de guérison. S’il existe un domaine où ceci est particulièrement vrai, c’est bien celui des troubles du sommeil.

 

Lorsqu’une personne vient me consulter parce qu’elle souffre d’insomnie, je la mets systématiquement en garde : oui, nous allons pouvoir optimiser son alimentation, mieux gérer son énergie durant la journée, oui nous allons limiter son temps passé sur les écrans, oui, il existe des plantes très efficaces afin d’apaiser (voire d’assommer !) le cerveau. Mais il y a un grand mais. Je sais par expérience que ceci est nécessaire mais rarement suffisant. Parce que les troubles du sommeil, quand ils sont installés, constituent un signal d’alarme important. Et que si, en général, on obtient une amélioration dans les jours qui suivent l’application du programme naturel proposé, les choses peuvent se dégrader à nouveau. Parfois. Souvent.

Pourquoi ? Parce que notre système nerveux est extrêmement puissant et que lorsqu’il souhaite exprimer quelque chose, il ne lâche pas l’affaire si facilement ! Selon moi, les troubles du sommeil (lorsqu’ils sont installés sur la durée) nous indiquent qu’il existe un conflit psychique, et que celui-ci est suffisamment important pour que la personne s’auto-sabote dans son bien-être et dans ses processus de récupération. Et si l’on se posait donc la question autrement ? Si, au lieu de chercher à étouffer ce que le corps cherche à exprimer, on tendait plutôt l’oreille ? Consulter un thérapeute de la psyché, tenir un journal intime, se confesser à qui on le souhaite… Il est prioritaire de chercher à démêler les fils de la pensée, de chercher ce qui nous blesse, ce qui fait obstacle, s’oppose à nous en nous si profondément.

C’est cet homme qui n’est plus amoureux de son épouse mais qui a tellement peur de cette vérité (et des nombreuses conséquences que cela peut avoir dans sa vie) qu’il cherche à l’occulter de toutes les manières, et qu’il ne dort plus la nuit. Plus du tout. Il a tout essayé, les somnifères les plus forts, les plantes les plus concentrées. Lorsque je le rencontre, je lui dis que d’un point de vue psychique, la réponse est simple. Même si elle est, bien sûr, compliquée dans le principe de réalité. Maintenant qu’ils sont séparés (après quelques années de tergiversation), il dort comme un bébé.

 

C’est cette amie d’amie qui vient me consulter pour le même problème. Je la mets en garde, lui pose nettement les limites de ce que je peux faire. On le fait quand même. Elle dort mieux. Puis, au bout d’un mois, elle me recontacte : malgré tout ce qu’elle a mis en place (et qui reste bénéfique pour son corps), ses nuits sont à nouveau entrecoupées de nombreux réveils. Je regarde son dossier, lorsqu’en relisant mes notes, je vois que sa mère est morte durant son sommeil. Je l’appelle : elle est sidérée. Malgré les nombreux thérapeutes consultés, elle n’avait jamais fait le lien. Son corps ne veut pas s’abandonner, il a trop peur de mourir… Je ne dis pas que tout va s’arranger du jour au lendemain. Je suis sûre, en revanche, qu’elle a en main l’un de ces fils d’Ariane qui permette progressivement d’accéder à une résolution.

Un conflit psychique se déroule lorsqu’une partie de nous veut quelque chose et qu’une autre partie de nous ne le veut absolument pas. L’une de ses parties peut être totalement inconsciente.

 

Un conflit psychique nous parle de toutes ces choses que l’on sait malgré tout quelque part, mais que l’on met de côté, car ce n’est pas (ce n’est jamais) le moment de s’y pencher, de les régler. C’est ce métier qui nous use, ce patron qui nous sort par les yeux, ce couple qui déraille, ces autres qui ne nous respectent pas. Un conflit psychique nous parle de ce que l’on tolère et que l’on ne devrait pas tolérer. Attention, je ne suis pas en train de dire qu’il est simple à résoudre, loin de moi cette idée ! J’ai néanmoins la conviction que, tant que ce conflit ne sera pas sinon réglé, tout au moins conscientisé, nos nuits continueront à être le lieu d’expression de cette partie de nous qui souhaite s’exprimer et que l’on cherche à bâillonner.

 

*Naturopathe et psy, professeure de kundalini yoga, auteure d’une dizaine de livres dont le best-seller Âme de sorcière ou la magie du féminin (Pocket), Odile Chabrillac dirige aussi, à Paris, l’Institut de naturopathie humaniste, une école de naturopathie.

Laisser un Commentaire