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Rencontre avec…Alexandre Jollien

« Le centre de notre vie est dans l’intériorité »

Auteur de plusieurs ouvrages philosophiques à succès – Eloge de la faiblesse, petit traité de l’abandon…- Alexandre revient avec « Vivre sans pourquoi », peut-être son livre le plus personnel, récit de son aventure spirituelle en Corée du Sud où il est parti vivre avec sa famille pour mettre la méditation zen au centre de sa vie.

Par Morgane Leclercq

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Crédits photos : Raphael Bourgeois

Yoga Journal France : C’est en écoutant ce prêtre à la radio que l’envie de le rejoindre, à Séoul, a germé dans votre tête ? Ca été immédiat ?

Alexandre Jollien : Oui. J’ai commencé, depuis quelques années, à pratiquer la méditation zen et cet art de vivre a transformé ma vie. Il était temps de passer à l’étape suivante et de mettre la vie spirituelle au cœur de ma vie ; cela voulait dire partir, à Séoul, avec mes enfants et ma femme.

YJF : Alors que vous venez chercher le détachement de soi, des émotions négatives…Bref ce que vous appelez le « laisser-passer » n’est-ce pas paradoxal d’en faire un livre et, du coup, de vous livrer au jugement des autres ?

AJ : Ca dépend pourquoi on écrit. J’écris pour partager une quête spirituelle et donner envie aux autres de s’engager sur une voie spirituelle, d’apprendre à vivre « sans pourquoi ». Le jugement des autres n’est pas la priorité, mais plutôt de transmettre un message.

YJF : Vous écrivez « l’immense malentendu, c’est de rendre la foi austère », votre récit c’est justement pour donner une vision de la foi et de la méditation joyeuse, vivante ?

AJ : On pense, à tort, que la foi ou la méditation zen c’est parvenir à supprimer tout tiraillement intérieur et tout trouble, comme atteindre un état d’apesanteur. Au contraire, la foi, c’est une capacité à accueillir les tiraillements intérieurs dans un esprit de paix. C’est illusoire de croire que la paix est impossible tant qu’on vit dans le tiraillement. Nous sommes invités à descendre dans un niveau d’être plus lumineux et joyeux pour être capable de « laisser passer ». Le centre de notre vie est dans l’intériorité.

YJF : Justement, êtes-vous parvenu à ce fameux « laisser-passer » qui revient comme un mantra au fil des pages ?

AJ : C’est un exercice spirituel que l’on refait au moins mille fois par jour : dès qu’une émotion négative se profile à l’horizon ou un trouble intérieur. Il se fait dans le temps présent, dans l’instant. C’est un exercice de tous les jours profondément lié à notre quotidien.

Son dernier ouvrage : Spirituel

Dans ce récit, l’auteur raconte ce qui l’a poussé à tout quitter pour partir s’installer avec sa famille en Corée du Sud. Ce philosophe conte ses aventures, les leçons de vie et les émotions qu’il a vécues à travers un carnet de voyage spirituel. Il partage le chemin parcouru pour trouver la paix, la joie et l’amour de son prochain.

Évadez-vous avec un très beau livre à la fois personnel et réfléchi.

« Vivre sans pourquoi », d’Alexandre Jollien,

Coédition L’Iconoclaste / Seuil, 17,50 €.

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