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Rencontres culinaires : Marie Lafôret

Cuisine vegan, sensible, éthique et gourmande !

 

Marie Lafôret, auteure culinaire et photographe, nous enchante au gré de ses ouvrages, tant par la pureté et la beauté de ses photographies que par son talent et sa créativité.

 

Yoga journal : Racontez-nous votre parcours

Marie Laforêt : En 2009 je suis devenue vegan. On me demandait souvent : « Mais alors, qu’est-ce que tu manges ?». J’ai donc décidé de créer « 100 % Végétal », un blog où partager mes découvertes et expérimentations culinaires. Après une première proposition de livre, j’ai saisi l’opportunité de me lancer en tant qu’auteure culinaire et de recentrer mon activité de photographe vers la cuisine et un mode de vie éthique. Depuis, j’ai publié une dizaine de livres de cuisine bio et vegan.

 

Y.J. : Pourquoi le choix du bio ?

M.L. : Je me suis intéressée très tôt à l’alimentation et à son impact. Le bio est une évidence pour moi, d’un point de vue écologique et sanitaire. En poursuivant mon questionnement, j’ai découvert la réalité de l’exploitation animale que, même dans le milieu « bio », on occulte souvent. Il n’y a pas d’argument moral permettant de justifier l’exploitation des animaux dans les pays riches. L’idée d’une « bonne » viande bio achetée à un petit producteur permet souvent de se déculpabiliser en se disant que « si c’est bio, c’est bien ». Pourtant, il y a quelque chose de profondément contradictoire entre l’un des fondements du bio – qui est de respecter le vivant – et le fait d’exploiter et de tuer des êtres vivants alors qu’on peut s’en passer. Il me semble important de porter ce message pour que le respect de la vie s’étende aux animaux non humains.

 

Y.J. : Le goût, le plaisir des sens, l’esthétique sont-ils pour vous le meilleur moyen d’inciter les sceptiques à découvrir que l’on peut faire de la gastronomie avec des produits bio ?

M.L. : Oui, la cuisine me semble un moyen idéal pour montrer qu’une alimentation plus responsable et éthique peut être simple à mettre en place, mais aussi qu’elle peut être très gourmande. On a souvent l’impression que la cuisine bio et végétale est une cuisine « sans », or si vous mettez les pieds dans un magasin bio vous découvrirez encore plus de diversité, des ingrédients que l’on ne trouve pas dans les supermarchés. Quand on mange bio et vegan, on mange plus varié, plus sain, plus éthique, plus gourmand… C’est une cuisine avec une valeur ajoutée, une cuisine « plus » !

 

Y.J. : Quels sont vos fondamentaux ?

M.L. : Travailler avec des ingrédients bruts, non transformés, utiliser des produits de saison et équitables, pour ceux qui viennent de loin comme le chocolat, les bananes, la vanille, le sucre… En ce moment je me penche sur la question des déchets : les réduire quand on vit en ville sans compost, fabriquer des sacs réutilisables pour le vrac, choisir des ustensiles de cuisine plus durables… Bref, essayer d’avoir une approche encore plus globale de la cuisine.

 

Y.J. : Avez-vous des produits cultes ?

M.L. : Les huiles végétales bio : une bonne huile d’olive, de l’huile de coco vierge et de l’huile de sésame toasté. J’utilise aussi des huiles plus neutres pour la pâtisserie ou les fromages végétaux : un mélange d’huiles adaptées à la cuisson et de l’huile de coco désodorisée que je trouve en magasins bio. Les purées d’oléagineux sont parmi mes produits préférés : amande, noisette, sésame… Je les glisse dans mes gâteaux, mes pâtes à tartiner, mes sauces : elles apportent du fondant et un goût incomparable ! Je suis fan du tofu, cet aliment souvent boudé en cuisine pour son manque de goût. Très polyvalent, rien ne lui résiste : ricotta vegan, cheesecake, curry thaï, farce, wok, brouillade… Je le cuisine à toutes les sauces et j’entends souvent : « Je ne pensais pas que le tofu pouvait être aussi bon ! ».

 

Y.J. : Quelle est la recette dont vous êtes particulièrement fière ?

M.L. :Peut-être ma feta aux graines de lupin. J’aime beaucoup sa texture, ferme et riche à la fois. C’est difficile d’innover en cuisine, d’inventer vraiment quelque chose. Quelques années avant de créer cette recette, j’avais mangé des graines de lupin et leur goût salé m’avait rappelé celui de la feta. J’ai approfondi l’idée pour créer cette feta végétale à l’occasion de la rédaction de mon livre Fromages vegan. La recette est sur mon blog si vous souhaitez tenter l’expérience !

 

Y.J. : Quel est votre dessert fétiche ?

M.L. : Il est très difficile pour moi de répondre parce que je n’ai pas vraiment de recette fétiche que je sors à tous les coups. J’expérimente tellement que je réalise rarement les mêmes recettes. Je profite donc de cette question pour vous faire découvrir l’une de mes adresses favorites. J’y ai dégusté le dessert qui m’a le plus régalée depuis des années, une mousse de chocolat, cacahuète, bretzel et caramel salé, réalisée par le duo des « Mardi Vegan » chez Dune, à Paris.

 

Retrouvez la recette du houmous asperges rôties et ail des ours de Marie Lafôret dans votre Yoga Journal n°7 disponible en version papier ou digitale.

 

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