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Sérénite à l’horizon

Pour les personnes souffrant d’anxiété, le yoga peut être une bouée de sauvetage. Voici les raisons pour lesquelles les médecins recommandent de plus en plus cette pratique comme thérapie complémentaire.

 

Depuis son mariage et le décès de son père, Claire, 33 ans, heureuse dans son couple et mère d’un garçon de sept ans, se sentait nerveuse et incapable de gérer ses émotions. Ce schéma empira avec le temps au point qu’elle finissait régulièrement ses crises de panique en s’évanouissant. Un neurologue lui donna des tranquillisants. Lorsque les symptômes s’aggravaient, celui-ci augmentait les doses. Un psychiatre lui conseilla d’y ajouter des antidépresseurs, ce qu’elle refusa. Elle se sentait incomprise par le corps médical et son état ne semblait pas s’améliorer : son coeur battait fort, elle ne supportait pas la foule, avait des difficulté à monter en voiture, …

Enceinte d’un deuxième enfant, elle décida de changer d’approche et s’inscrivit à la clinique de réduction du stress du centre médical de l’université du Massachusetts, un établissement mondialement reconnu pour le sérieux de son encadrement et ses thérapies basées sur la méditation en plein conscience. Pendant huit semaines elle a suivi un programme consistant à intégrer la pratique méditative dans sa vie courante. Elle a réussi a surmonter ses crises et n’a plus pris aucun médicament.

Jon Kabat-Zinn, le médecin qui a crée la clinique du stress, raconte cette histoire dans l’ouvrage « Au coeur de la tourmente ». « J’ai parlé à Clair un an plus tard, écrit-il. Il s’avéra que son bébé avait du être opéré après la naissance pour un rétrécissement de la valve entre l’estomac et les intestins (…). Pendant ce temps, Clair se concentrait constamment sur sa respiration pour rester calme et l’esprit clair (…). Son bébé est en bonne santé maintenant et grandit bien. Claire sent qu’elle n’aurait jamais pu gérer cette situation sans ce qu’elle a appris à la clinique du stress. »

 

Même si certains médecins conseillent à leurs patients de se mettre au yoga, les médecins et psychiatres traitant les problèmes d’anxiété (définie comme une inquiétude persistante, excessive et irréaliste vis-à-vis de l’avenir) mettent souvent un certain temps à adhérer à la pratique du yoga. « Dans la sphère médicale, nombreux sont ceux qui penchent du côté des médicaments car les recherches portaient jusqu’ici essentiellement sur les traitements médicamenteux », explique Jennifer Griffin, docteur spécialisée en médecine intégrative à San Francisco à l’Institute for Health & Healing Clinic au sein de la Sutter Pacific Medical Foundation. « Mais les mentalités changent. Certains de mes patients souffrent d’anxiété mais je leur prescris rarement des médicaments. Je préfère les orienter vers des alternatives holistiques telles que le yoga. »

 

En 2011, une étude menée par des chercheurs d’Harvard auprès d’un échantillon représentatif au niveau national, a constaté que 3 % des individus (l’équivalent de près de 6,4 millions d’Américains) avaient reçu comme conseil de leur praticien de santé de recourir à des thérapies psychocorporelles telles que le yoga et la méditation – et plus d’un tiers de ces « ordonnances » étaient destinées aux personnes souffrant d’anxiété. En France, le tabou des approches alternatives commence à s’effondrer. En milieu hospitalier, des médecins sont parvenus à développer certaines méthodes comme la méditation de pleine conscience, exercée par le médiatique psychiatre Christophe André, à l’hôpital Sainte-Anne de Paris; la MBCT (thérapie cognitive pour traiter les rechutes dépressives), enseignée par le neurologue Frédéric Rosenfeld, dans la clinique Meyzieu de Lyon ; ou encore, des séances de MBSR  (thérapie cognitive pour la régulation du stress et des émotions) proposées aux patients et soignants de l’hôpital Hautepierre de Strasbourg par le rhumatologue Jean-Gérard Bloch.  Ce dernier a aussi crée un diplôme universitaire « médecine, méditation et neuroscience » à la faculté de médecine de Strasbourg, en 2012.

 

L’essor de la médecine intégrative et de sa cousine, la psychothérapie intégrative, explique également la reconnaissance actuelle de ces pratiques anciennes. Ces deux disciplines combinent le meilleur de ce qui se fait en Orient et en Occident en termes de traitements – à savoir la thérapie par le langage, les exercices de respiration et la relaxation progressive. Et ce qui est peut-être encore plus important, c’est que les deux disciplines répondent à l’urgente nécessité de trouver de traitements alternatifs moins néfastes pour la santé. La situation est particulièrement critique en France où la consommation d’anxiolytiques et d’anti-dépresseurs ne fait que croître. L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) indique qu’en 2012, un français sur cinq aurait consommé des benzodiazépines, molécules agissant sur le système nerveux central ayant des propriétés anxiolytiques, hypnotiques, myorelaxantes et anticonvulsivantes. Plus inquiétant encore, pour un français sur dix, il s’agit en fait d’une consommation très régulière… Or cette classe de médicaments est associée à des risques d’abus et de pharmacodépendance.

 

« Au fur et à mesure que nos connaissances sur les inconvénients des médicaments augmentent, de plus en plus de personnes s’intéressent aux traitements non-médicamenteux pour soigner l’anxiété, » explique le Dr Adam Splaver, professeur de médecine à la Nova Southeastern University. « Il est prouvé que le yoga peut être efficace. Au lieu de traiter les symptômes comme le font les médicaments, le yoga nous aide à apprendre à gérer nos angoisses. A choisir, mes patients préfèreraient surmonter leurs problèmes plutôt que de les recouvrir à l’aide d’un pansement.»

 

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Par Ginny Graves

Photographie par Rick Cummings

© Toutes copies et reproductions interdites, contenu édité et publié par YJ France Media.

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