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Stéphanie Viu Kessler : La passion du yoga

Ancienne sportive assidue, pratiquant la natation et la danse, Stéphanie est une grande voyageuse… elle a exercé différents métiers avant de faire la rencontre du Yoga.

C’est au Canada en 1998 qu’elle fait la connaissance du Yoga Bikram. Les hivers à Montréal étant froids et surtout très longs, elle avait besoin de trouver une activité intensive dans un endroit chaud. Elle commence à pratiquer régulièrement ce yoga intensif, en complément de ces cours de natation.

De retour en France en 2005, elle trouve un emploi dans un bureau d’avocats en tant que gestionnaire informatique. Bien payée, mais malheureuse elle entame alors une reconversion en suivant une formation de Pilates, auprès de Kelly Moriarty et Martine Curtis Oakes.

« Je pratiquais en parallèle le yoga mais sans vraiment m’y intéresser, c’est avec Gérard Arnaud que j’ai fait ma première formation de Yoga. »

En 2012 elle rencontre Yogi Trupta à Kovalam pendant une formation qu’elle suivait avec lui. Son enseignement, simple et précis l’a transcendée. Ils ont décidé de travailler ensemble et c’est ainsi qu’elle est partie s’installer en Inde en 2013.

 

Racontez-nous votre découverte du yoga ?

C’est en Inde, que j’ai vraiment rencontré le yoga. En 2015 on a déménagé à côté de Mysore, la ville se trouvait à 20 minutes en voiture, j’étais au milieu des champs de canne à sucre et des rizières.

Quand je n’enseignais pas, j’étais seule, avec beaucoup de temps libre. J’en ai profité pour me jeter à « cœur perdu » dans mes pratiques.

Je pratiquais de manière aléatoire l’Ashtanga Vinyasa Yoga. Puis j’ai commencé à ressentir des changements, et grâce à cette pratique exigeante j’ai découvert une discipline.

J’ai commencé par fréquenter le Shala de BNS Iyengar à Mysore, les cours de pranayama étaient très intensifs, Ramesh Shetty était un puit de connaissance, Il m’a fait énormément progressé. Puis je suis partie à Goa pour y suivre l’enseignement de John Scott, de retour à Mysore j’ai postulé pour pratiquer avec Sharath R. Jois au main shala.

De fil en aiguille j’ai suivi les enseignements de David Swenson, Mark Robberds, Damien De Bastier, et finalement Iain Grysak rencontré à Mysore. Fin 2017 j’ai quitté l’Inde, mais je continue une vie assez nomade n’ayant plus d’appartement à Paris.

Je me partage entre Ubud pour pratiquer avec Iain Grysak que je considère comme étant mon professeur, Goa et Paris.  C’est sous l’enseignement de Iain que j’ai compris malgré toutes mes pratiques, que je ne savais rien…

Au fur et a mesure le Yoga a pris une grande place dans ma vie. D’un exercice physique c’est devenu une quête, une compréhension voir une cure.

 

C’est quoi le Yoga pour vous ?

C’est avant tout se connaître soi même. En dehors des étiquettes sociales qu’on nous colle, qui sommes-nous vraiment ? Connaître sa propre vérité. Une fois que l’on se « trouve » il est plus facile de comprendre ce(ux) qui nous entoure(nt).

Souvent on lit la même définition, le yoga s’est « unir », « relier ». Au-delà de ça ce sont des règles à suivre, en premier lieu apprendre la bienveillance, pour bien se comporter en société, avec nos proches, envers nous-même.

Le Yoga c’est l’équanimité (Upeksha en Sanskrit), ne rien attendre en retour, faire les choses pour ce qu’elles sont, pouvoir être stable quelque soit la situation, vivre le moment présent et se contenter de peu. Tant que ce « peu » reste conforme à notre souhait et notre intégrité.

 

Comment le transmettez-vous ?

Je n’enseigne pas le yoga et d’après moi, à moins de vivre dans une grotte retirée dans l’Himalaya, très peu de « professeurs de yoga » l’enseignent.

Tout ce que nous enseignons n’est que préparation à sa pratique.

Nous préparons notre corps et notre mental par l’usage des postures de yoga pour libérer les tensions tant physiques que mentales. Nous les pratiquons pour pouvoir obtenir une assise stable et confortable. Et c’est déjà beaucoup !

Les exercices de respiration que nous faisons sont la préparation à la pratique du Pranayama.

Patanjali explique très bien que le Pranayama est l’arrêt de la respiration, c’est le moment qui existe entre l’inspiration et l’expiration, cette micro rétention que nous devons développer, afin de faire circuler le prana à l’intérieur, sans le gaspiller vers l’extérieur.

Une fois le Pranayama maitrisé, alors la méditation prendra place. Ce sont des étapes.

C’est comme une recette de cuisine, avant de pouvoir faire du pain il faut préparer la pâte et attende qu’elle lève pour pouvoir l’enfourner. Une fois cuit le pain apparaîtra, pas avant.

Si l’on suit les sutras de Patanjali, il indique que « Ahimsa » est la non violence, mais c’est surtout l’interdiction de tuer tout être vivant. De la fourmi, aux moustiques, de la plante à l’herbe, du légume à l’animal en passant par l’homme bien entendu.

De ce fait les guerres, la chasse, la pêche, la société de consommation dans laquelle nous évoluons ne peut se targuer de suivre Ahimsa.

Sachant que tout ce qui nous entoure est vivant, Ahimsa est donc difficilement applicable dans notre société actuelle.  Qui n’a jamais acheté un sac en cuir, des chaussures en cuir tout en étant végétarien au nom de « Ahimsa » ?

Mais si l’on souhaite vraiment pratiquer le yoga il faudrait pouvoir suivre Ahimsa au pied de la lettre. Sachant que c’est le premier « Yamas » des 8 membres du yoga on peut vite se rendre compte que la pratique du Yoga, « en vrai » est fondamentalement difficile (mais pas impossible).

Nous pratiquons des « styles de yoga », en fait nous pratiquons des séquences de postures plus ou moins dynamiques, qui vont travailler les ouvertures de hanches, de cœur, pour autant on ne peut pas parler d’activation de chakras par l’action des Bandhas.

C’est une pratique beaucoup plus avancée, qui ne peut s’apprendre dans un cours d’une heure.

Je propose des formations de « yoga »  avec Yogi Trupta, et dans ces formations nous expliquons bien aux étudiants qu’ils ne deviendront pas des « professeurs de yoga », je pense que ce terme est erroné. On leur indique en revanche qu’ils seront prêts à enseigner des postures de yoga qui à plus ou loin terme, si régularité il y a, permettront une meilleure compréhension du yoga dans sa globalité ainsi que de l’être humain.

Cela peut paraître déstabilisant, on lit partout « devenez professeur de yoga en un mois ou quatre ans », mais c’est faux, ce n’est pas possible. On devrait dire et lire « devenez professeur de postures de yoga », et expliquer que tout ce que nous faisons en amont n’est qu’une introduction à la pratique du Yoga.

Le jour où nous serons prêt à devenir des yogis, il nous faudra renoncer à tout. Pour revenir au concept « Ahimsa », il sera nécessaire de se retrouver dans un espace restreint pour éviter de marcher sur des insectes vivants.

Il faudra bien évidemment renoncer à la société et à toutes possessions matérielles.

Buddha a fait l’expérience  de Samadhi, et au lieu d’y rester il est revenu pour l’enseigner à ses disciples. A ce jour je n’ai rencontré personne qui a atteint l’illumination et ce n’est pas faute de voyager énormément.

 

Pourquoi avez-vous envie de le transmettre aujourd’hui ?

Je me pose beaucoup de questions et je m’aperçois que les élèves s’en posent encore plus. J’ai pu voir les bienfaits de mes pratiques régulières, mon état d’esprit à changé, je suis devenue plus tolérante avec moi même et par là même envers les autres.

Souvent les élèves qui entreprennent une formation de yoga, souhaitent un changement radical dans leur vie, beaucoup sont influencés par ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux et veulent tout simplement faire la même chose. Ce que projettent les réseaux sociaux n’est qu’un raccourci. Pendant les formations que nous donnons nous abordons les postures de yoga et de pranayamas, mais ce que nous mettons en avant est avant tout le travail personnel.

Rien ne sera jamais comme dans le livre, une posture ne pourra pas être alignée de la même manière pour tout le monde, il y a une réflexion à se faire, on ne peut rien faire par mimétisme. Il faut pouvoir traduire une posture avant de la retransmettre à un élève, pour cela il faut qu’elle soit assimilée, absorbée, pratiquée à l’infini et comprendre les différentes étapes.

C’est un travail qui se fait en amont de manière personnelle, on ne peut pas apprendre à enseigner quelque chose que l’on n’a pas pratiqué. Il faut que l’enseignement devienne « organique » et seule la pratique personnelle peut aider.

Je pense qu’il est aussi important de devenir indépendant dans sa pratique. Si tout seul on devient capable de se lever et de dérouler son tapis tous les matins… de la même manière qu’on se lave les dents, alors un grand pas est franchi.

 

www.xandrayoga.com – [email protected]

www.oilyoga.com – [email protected]

 

Publi-rédactionnel

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1 commentaire

  • Andrea Filipe
    24 janvier 2019
    reply

    StépHanie et Yogi trupta sont 2 enseignants merveilleux et passionNes, sinCeres et authenTiques. Ils transmettent avec bienveillance un enseignement de Grande quAlite. Et en plus ils sont dispos, sympa et à l’ecoute ! Je recommande à 200%.

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