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Un corps sans limite

Par Jocelyne Borel-Kuhner

 

Maxime, 7 ans, diagnostiqué hyperactif, souffre du syndrome d’Ehlers-Danlos, maladie qui touche le tissu conjonctif. Le docteur Jocelyne Borel-Kuhner, algologue et chef du service yogathérapie à l’hôpital Simone Veil à Eaubonne, nous explique comment, avec de simples postures et exercices de respiration, l’enfant a pu améliorer sa proprioception et retrouver le « silence dans sa tête ».

 

Un mercredi soir d’octobre, je vois pour la première fois Maxime, 7 ans, qui entre dans le box à toute vitesse, le regard baissé. Après un bonjour chaleureux et souriant, il tourne ses doigts dans tous les sens avec une extrême facilité, avant de s’assoir immédiatement en tailleur et de m’expliquer que, si cela continue « je vais  encore me luxer et avoir mal à la tête ».
La maman précise alors que Maxime, très agité et vif depuis sa petite enfance, est diagnostiqué enfant hyperactif. Les médicaments traitant le trouble de déficit de l’attention-hyperactivité (TDAH) n’ont fait qu’aggraver les symptômes. Il est, par ailleurs, diagnostiqué SED (une maladie qui atteint le tissu conjonctif). Malgré les traitements symptomatiques et le suivi régulier auprès des spécialistes, elle se sent dépassée et ne voit pas d’amélioration. Maxime dort de moins en moins et se réveille en sursaut.

 

Le corps de Maxime : Les yeux pétillants de malice sous de magnifiques lunettes, Maxime parle beaucoup, reste difficilement debout et pose de nombreuses questions. Il tousse aussi de nombreuses fois, il semble essoufflé. Je me pose la question de savoir si c’est dû à sa vélocité ou à une bronchite. Toutes les articulations sont hypermobiles et je déclenche une douleur en palpant les côtes. Il se plaint principalement des douleurs, du manque de sommeil  et des bruits dans la tête. En effet Maxime est atteint d’une maladie rare du collagène 1, transmise génétiquement. Le SED se caractérise le plus souvent par une hyperlaxité articulaire et une fragilité généralisée des tissus, mais aussi par des difficultés et infections respiratoires (souvent « banalisées » chez les enfants).

 

Mon regard de médecin : être algologue me permet de comprendre les  différents mécanismes qui entrent en jeu ­(douleurs articulaires avec luxations récidivantes, infections respiratoires, céphalées, agitation, troubles du sommeil) par l’atteinte des tissus de soutien du corps avec, comme sensation globale pour le cerveau, d’une enveloppe charnelle un peu floue et sans limites tactiles. Dans le cas de Maxime, j’explique la toux et les difficultés respiratoires comme la conséquence d’une mauvaise transmission de l’information2 (voir YJ n°14) vers les centres respiratoires du système nerveux. Le tout majoré par le manque de tonicité de la paroi abdominale et du diaphragme, responsable aussi d’un reflux gastrique.

 

Ma casquette de yogathérapeute me permet de savoir que tout ceci peut être aggravé par les postures (même thérapeutiques) chez un jeune hyperactif, de surcroît. Néanmoins, je pense pouvoir utiliser les outils du yoga pour ce cas précis. En effet, au fur et à mesure de la prise en charge, je me rends compte que la toux semble être responsable d’une grande part de l’agitation de Maxime. Cette toux gêne sa respiration, aggravant aussi au long terme fatigue, insomnies, maux de tête.

 

Découvrez la suite de cet article dans votre magazine Yoga Journal n°15 disponible en version papier et digitale.

 

Très belle journée, Namaste

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Photos : Lionel Piovesan – Le modèle en photo n’est pas le patient concerné

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