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Une compassion active

Auteur : Par Marjorie Korn

Des recherches révèlent que la compassion est bien plus qu’une réaction bienveillante à l’égard d’autrui. Il s’agit également d’une qualité essentielle pour transformer sa vie et se sentir plus heureux.

Généralement, en apprenant quelque chose de tragique, nous avons besoin de répondre par un acte de compassion. Pour soutenir les victimes de catastrophes naturelles, comme après le passage d’ouragans ou de typhons en Asie du Sud-Est, nombre de cours de yoga ont été organisés et les fonds ainsi acquis reversés aux associations de victimes. Parfois, les tragédies affectent des personnes qui nous sont plus proches : la compassion peut alors prendre la forme d’un repas cuisiné pour un ami venant de perdre un membre de sa famille.

Dans ces moments-là, nous sommes liés à la souffrance des autres, ce qui peut être douloureux mais aussi s’accompagner d’une expérience positive : « Quand nous aidons quelqu’un en nous souciant sincèrement de son bien-être, les taux d’endorphines – les hormones associées au sentiment d’euphorie – montent en flèche dans le cerveau », explique Thupten Jinpa, professeur d’études religieuses à l’Université McGill (Canada), auteur de l’ouvrage Fearless Heart, et principal traducteur anglais du dalaï-lama depuis trente ans. « Des recherches ont démontré que la sensation de réconfort que nous procure notre propre compassion aide à sécréter de l’ocytocine – la même hormone sécrétée par les mères allaitant leur enfant – qui est associée au fait de tisser des liens avec autrui et qui réduit les taux d’inflammation dans le système cardio-vasculaire, un facteur important en partie responsable des maladies cardiaques. »

Malgré le réconfort procuré aux autres et à soi-même lorsqu’on choisit la compassion, ce choix n’est pas systématique, probablement en raison du stress et des contraintes quotidiennes. Cependant des recherches montrent désormais que nous pouvons améliorer notre capacité à faire preuve de compassion. Une étude de l’Université du Wisconsin à Madison (États-Unis) a montré que des gens écoutant quotidiennement, pendant deux semaines, une méditation de 30 minutes sur la compassion avaient une plus grande activité dans la zone du cerveau associée au plaisir et à la satisfaction (le noyau accumbens), comparés aux personnes ayant suivi un entraînement consistant à recontextualiser la souffrance d’autrui. « Les gens se rendent compte qu’il est gratifiant de se préoccuper et de s’occuper des autres », explique Helen Weng, psychologue et neuroscientifique spécialisée dans la méditation de pleine conscience et la méditation sur la compassion au sein du Osher Center for Integrative Medicine à l’Université de Californie à San Francisco. « Vous réalisez que ce doit être douloureux, mais cela vous fait vous sentir connecté aux autres. »

(Pour écouter les méditations de cette étude gratuitement, consultez investigatinghealthyminds.org.)

Pour ressentir davantage de compassion, mieux vaut commencer par favoriser celle qui semble la plus naturelle, à savoir la compassion envers ses proches tels que les membres de sa famille ou des amis. Ensuite, il faut adresser la compassion à soi-même (cela peut être étonnamment difficile.) Pour finir, faire preuve de compassion envers des inconnus. Tout comme les yogis débutants ne font pas la posture sur la tête dès le premier cours, il est important de bâtir progressivement son état de compassion. Les exercices suivants peuvent être intégrés dans une pratique quotidienne de yoga, de façon à renforcer la conscience de la souffrance (chez les autres et soi-même) et à apprendre à y réagir de façon adéquate. Avec la pratique, le sentiment de connexion aux autres devient plus profond, ce qui contribue à rendre le monde meilleur.

Dossier complet à retrouver dans votre Yoga Journal N°6,

Très belle journée, Namasté

Photo :Istock

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