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UTTANÂSANA 1er Degré

Par Boris Tatzky

Modèle photo : Katy Misson / Photos : Julien Gaidet

Sur des postures de la conception de Boris Tatzky

Dans les textes qui font autorité, telle la Hatha-Yoga-Pradipika, le Hatha-Yoga est présenté comme une discipline spirituelle qui offre les moyens de réaliser l’éveil à la conscience illimitée de l’Être.

Cette réalisation passe par la mise en équilibre puis le dépassement de toutes les polarités énergétiques qui nous composent. Les pratiques posturales, liées au contrôle du souffle, forment le premier élément de ces pratiques, dont l’aboutissement sera l’exercice de la méditation.

Chaque posture est une aventure de la conscience qui approfondit la connaissance du corps, protège la vitalité, développe la concentration et rétablit l’équilibre entre souplesse et tonicité. De plus, chaque âsana agit en profondeur sur la circulation de Prâna, l’Énergie vitale.

C’est bien sûr le cas de la posture que nous étudions ce mois-ci : UTTANÂSANA. Nous vous la présentons dans une version traditionnelle illustrée par trois degrés progressifs de réalisation, permettant à chacun, selon ses aptitudes, de s’ajuster dans cette posture. Chaque degré postural est accompagné d’un contrôle spécifique de la respiration, d’une concentration dans un « Chakra » (centre de l’énergie vitale) et d’une méditation caractéristique. Attention, Il s’agit pour chacun d’effectuer l’âsana le plus ajusté à ses possibilités dans l’instant présent. La pratique devient ainsi une école de discernement et de connaissance de soi.

La compréhension du sens profond de la posture nous est offerte par la connaissance de la symbolique qui lui correspond. Cette connaissance est à rechercher dans les textes classiques du yoga, ou bien, dans les textes qui traitent des grands mythes de la civilisation indienne.

ÉTYMOLOGIE : Uttanâsana, la posture de l’étirement intense.

RÉFÉRENCE AUX TEXTES: Cette posture est mentionnée dans la nomenclature  du guide des postures établi par le grand yogi T.Krisnamacharya de Madras, célèbre maître de T.K.V. Desikachar, de B.K.S. Iyengar et de T.K. Sribashyam.

LA SYMBOLIQUE: Pour comprendre le sens symbolique de cette posture, il convient de la rapprocher d’une posture mentionnée dans le texte de la Hatha-Yoga-Pradîpikâ qui est similaire par ces effets : Pashcimatânâsana, l’étirement du dos, de la totalité de l’arrière du corps.

L’étirement du dos agit, notamment, sur l’éveil de la conscience de l’énergie vitale dans la colonne vertébrale depuis le fond du bassin jusqu’au sommet de la tête. La posture favorise ainsi une meilleure circulation de l’Énergie dans tous les centres vitaux, les Chakra, depuis Mûlâdhâra chakra jusqu’à Sahasrâra Chakra. Elle représente également une prise de conscience progressive de ce que nous ne voyons pas habituellement, qui est « caché » derrière notre dos, qui échappe à notre discernement. En outre, cet étirement a une action de purification intérieure grâce au massage digestif qu’elle procure.

LA TECHNIQUE.

Le premier degré : SE RELÂCHER.

Se placer debout, les pieds parallèles entre eux et écartés de la largeur du bassin. Les bras de chaque côté du buste, épaules et omoplates abaissées. Améliorer sa verticalité, repoussant le sol avec les talons, allonger la colonne vertébrale, le sommet du crâne montant vers le ciel. Aligner le bassin, le buste, le cou et la tête, resserrer légèrement la sangle abdominale et éviter l’excès de lordose lombaire.

En inspirant, lever les deux bras par les côtés jusqu’à la verticale. En suspension respiratoire, plier les coudes joints devant le visage et tirer fortement le bassin en arrière pour amener le poids du corps sur les talons, le buste s’incline en avant, dos plat, parallèle au sol. En expirant, plier les genoux et placer les coudes sur les cuisses, les mains jointes, doigts enlacés. Le bas du dos légèrement arrondi, laisser la tête se relâcher vers l’avant.

Conserver la posture en contrôlant le souffle. À chaque inspiration, amener mentalement le souffle dans la région lombaire. En suspension, refermer doucement les sphincters autour du périnée, puis expirer dans l’abdomen en relâchant davantage le haut du buste et la tête. Relâcher le périnée en fin d’expiration. Continuer ainsi de six à huit respirations selon les sensations éprouvées dans la posture.

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Namasté

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