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Vers l’inconnu et au-delà

La fillette devait avoir 4 ou 5 ans. Sa maman l’appelait Lina. Le soleil de début d’été chauffait la structure de jeu sur laquelle elle s’amusait : mur d’escalade, pont de singe, toboggan, barre de pompier. Courant d’un agrès à l’autre, elle riait aux éclats. En bas, sa maman, la main en visière pour ne pas être éblouie, la suivait du regard. Attentive, en pleine présence. La voix rassurante, elle lui expliquait où étaient les passages les plus adaptés pour elle, mais aussi les plus risqués, puis la laissait explorer. Elle l’encourageait à faire face à ses peurs et à les surmonter progressivement, la félicitait pour ses précautions tout autant que pour ses exploits.

 

Lorsque Lina restait figée et que seul un « J’y arrive pas » sortait de sa bouche boudeuse, sa maman la motivait et l’incitait à trouver un moyen de faire un premier pas. Finalement arrivée au toboggan, fière comme Artaban, la fillette se coucha à plat ventre, la tête la première. Les yeux malicieux, elle lança : « J’y vais Maman ? » Sous le regard médusé de plusieurs parents, la maman répondit : « Qu’est-ce que tu en penses ? » La petite fille pris alors le temps d’évaluer la hauteur. Se redressant, elle concéda : « La première, je la fais assise ! » Et hop ! elle glissa tout sourire, accueillie en triomphe par sa maman.

 

J’avais délaissé un instant le nouveau roman de Joël Dicker pour assister, curieux, à cette scène inspirante. En mon for intérieur résonnait : « Quelle confiance dans les ressources de son enfant ! » Par son attitude, cette femme avait donné à la fois des racines et des ailes à Lina. Les racines de s’en remettre à son propre discernement pour évaluer les risques et faire face à ses peurs plutôt que d’en être la marionnette. Des ailes d’amour et de confiance pour avancer pas à pas vers l’inconnu, en prenant ses propres points de repère avant de faire le grand saut. Car oui, les descentes suivantes se firent sur le ventre, la tête la première !

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Très belle journée, Namasté

Mais finalement, en langue des oiseaux – que j’adore ! – l’inconnu ne serait-il pas l’un-connu ? « L’un », le point de départ, le premier pas qui s’effectue dans un espace familier avec un « co-nu », une personne de confiance qui nous accueille dans sa et notre vérité toute nue. Pour Lina, sa maman (Madame Bordable, m’avait-t-elle précisé lorsque je lui avais témoigné mon admiration), représentait ce « co-nu » avec qui il était aisé de s’élancer dans l’inexploré et se réinventer. Et il y avait quelque chose de formidable : à Lina Bordable, tout paraissait accessible !

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