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Yoga à l’hôpital : ce qu’en disent les médecins

Certaines thérapies complémentaires font leur entrée dans les couloirs de l’hôpital, mais quel rôle le yoga peut-il jouer dans le cadre d’un parcours de soin ? S’agit-il d’un moyen de prévention, d’une barrière contre les récidives, d’un outil thérapeutique, d’un levier psychologique ? Outre sa définition, les professionnels de santé attendent aussi son évaluation.

 

Par Anaïs Joseph

© photo Lionel Piovesan

 

Depuis huit ans, l’hôpital Saint-Louis à Paris propose des cours de yoga pour les femmes hospitalisées ou suivant une thérapie contre le cancer du sein. Chaque semaine, elles sont une vingtaine à découvrir des asanas, des respirations et des méditations.

 

« Je tenais à ce que ce soit un cours collectif car l’effet psychologique est très positif pour une personne isolée par son traitement en hormono ou chimiothérapie. Se regrouper avec d’autres femmes, dans un cours qui n’est pas destiné à des malades mais à des élèves, les place d’emblée dans une optique de guérison », considère Caroline Cuvier, médecin au Centre des maladies du sein, à l’origine de ce programme. « Bien sûr, l’enseignant adapte sa pratique aux contraintes de chacune, notamment en cas de chirurgie mammaire, mais ce n’est pas une yogathérapie. D’ailleurs, je leur propose aussi de l’escrime artistique, de la marche nordique et du tennis. Si le yoga est l’activité la plus fréquentée, c’est probablement que c’est a priori plus facile d’accès. »

 

Une pratique également appréciée par l’équipe soignante qui peut bénéficier d’une heure de yoga hebdomadaire. Chacune déroule son tapis et profite de cette parenthèse pour se détendre et mobiliser son corps différemment. Sportive aguerrie, Caroline Cuvier a choisi un hatha yoga postural car ce sont principalement les bienfaits liés à l’activité physique qu’elle cible : « De nombreuses études ont déjà prouvé l’intérêt du sport-santé. La plupart des médecins en sont convaincus et sont désormais autorisés à prescrire des séances de sport dans le cadre des soins d’accompagnement. »

 

Si le yoga à l’hôpital fait partie du sport-santé pour Caroline Cuvier, la vision qu’en a Jocelyne Borel-Kuhner est bien plus large. En 2012, cette médecin urgentiste a créé à Eaubonne (Val-d’Oise), la première consultation de yogathérapie à l’hôpital (voir notre hors-série n°6). Depuis moins d’un an, elle a monté à l’hôpital de Pontoise (Val-d’Oise) une unité dédiée à la douleur.

 

Elle y exerce une médecine intégrative, c’est-à-dire une médecine qui conjugue des thérapies complémentaires – autrefois appelées médecines douces – avec la médecine conventionnelle. Son unité propose trois façon d’aborder le yoga : par un cours collectif – en soutien aux thérapies classiques prescrites dans les autres services de l’hôpital ; en soin de support – il s’agit de faire du yoga au même titre que de l’art-thérapie ou de la musicothérapie ; et enfin, en thérapie à part entière – la séance de yoga s’effectue dans le cadre strict d’une consultation médicale. « Dans ce cas, le patient ne s’adresse plus à un thérapeute mais à un médecin capable de prescrire des séances de yoga thérapeutique à la place d’un médicament ou d’une séance d’électrochocs. Dans certains cas d’arythmie cardiaque par exemple, ces séances sont très efficaces. Contre les douleurs chroniques ou les processus inflammatoires en échec thérapeutique, elles se révèlent également salvatrices. » Seul un médecin est en mesure de juger de la capacité du patient à opérer cette transition, c’est pourquoi Jocelyne Borel-Kuhner milite pour que le yoga thérapeutique s’exerce dans le cadre de l’hôpital.

 

Légende photo : le Dr Catherine Cuvier et son équipe en charge des cancers du sein à l’hôpital Saint Louis, à Paris. Ses patientes peuvent suivre des cours de yoga depuis 2012.

 

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